Le portefeuille d'identité numérique de l'UE : Questions du monde entier
Vous avez posé des questions. Nous répondons.
Mis à jour le 29/05/2026
Le portefeuille d'identité numérique européenne (portefeuille EUDI) représente l'une des plus grandes évolutions de l'identité numérique en Europe ces dernières années, et naturellement, il a suscité de nombreuses questions.
Lors de nos webinaires sur le portefeuille EUDI, des entreprises de divers secteurs et pays nous ont interrogés sur tous les sujets, du rôle du portefeuille dans l'écosystème de l'identité numérique à l'entrée en relation, l'authentification, la conformité, la signature, les paiements, la confidentialité et la confiance.
Dans cet article, nous avons rassemblé certaines des questions les plus fréquentes ainsi que nos réponses.
Questions issues du webinaire « Se préparer aux portefeuilles EUDI » (mai 2026)
Quel est le rôle de Signicat dans l'écosystème eIDAS et du portefeuille EUDI ?
L'un des rôles les plus importants de Signicat dans l'écosystème du portefeuille EUDI est d'accompagner ses clients dans l'intégration de tous les portefeuilles européen d'identité numérique certifiés, qu'ils soient tenus de les accepter pour des raisons de conformité, ou qu'ils souhaitent les utiliser pour le partage de données, l'authentification, la preuve d'identité, la vérification des données ou la signature de documents. Cela sera pris en charge via le eID and Wallet Hub.
Signicat agira en tant qu'intermédiaire pour ses clients et facilitera l'enregistrement intermédié des parties utilisatrices (Relying Parties) dans l'État membre où elles sont établies. L'enregistrement dans chaque pays dépend des politiques nationales et de la préparation des registres. Dès que cela sera possible (les registres nationaux n'étant pas encore établis), Signicat s'enregistrera, si nécessaire, en tant qu'intermédiaire et/ou partie utilisatrice.
Nous avons pour objectif d'alléger au maximum la charge administrative liée à l'enregistrement des parties utilisatrices pour le compte de notre organisation, y compris la gestion des certificats.
Signicat est également un prestataire de services de confiance qualifié (PSCE / QTSP) pour divers services de confiance existants, dont les signatures électroniques qualifiées (SEQ / QES), et s'enregistrera en tant que QTSP pour les attestations électroniques qualifiées d'attributs (AEQA / QEAA). Nous proposons déjà un service d'émission de données d'identification personnelle (PID) à distance basé sur la vérification d'identité au niveau d'assurance élevé d'eIDAS, pouvant être utilisé par les États membres et les portefeuilles.
En savoir plus sur la façon dont Signicat peut vous aider à vous préparer aux portefeuilles EUDI.
Comment les entreprises prendront-elles en charge les portefeuilles EUDI parallèlement aux identités numériques existantes ?
Lorsque vous « ouvrez » votre service en ligne à différents moyens d'identification numérique— comme les identités numériques (FranceConnect) ou les portefeuilles —, il n'y a aucun moyen de savoir à l'avance si un utilisateur dispose déjà de l'une de vos méthodes autorisées. Certains utilisateurs peuvent avoir plusieurs options à leur disposition et doivent choisir celle qu'ils souhaitent utiliser.
La plupart des services proposent donc un menu (déroulant ou autre) permettant à l'utilisateur de choisir son mode de connexion. Les portefeuille d'identité numérique européenne peuvent simplement devenir l'une des options disponibles. Selon le choix de l'utilisateur, l'étape suivante du parcours d'authentification présentera l'interface appropriée, par exemple, un flux nom d'utilisateur/mot de passe ou d'identité numérique nationale, ou un flux de code QR pour un portefeuille EUDI.
Lors de la prestation d'un service en ligne, c'est généralement le fournisseur du service qui décide quelles identités numériques accepter. Les organisations peuvent faire leur choix en fonction de la localisation de leurs utilisateurs, des attributs que différents schémas d'identification numérique (eID) peuvent fournir, ou d'exigences commerciales et de conformité spécifiques. Il en va de même pour les solutions basées sur des portefeuilles, qu'elles soient certifiées EUDI ou non. Toutefois, les organisations soumises à des obligations d'acceptation dans le cadre du règlement eIDAS révisé ne pourront pas choisir : elles devront accepter tous les portefeuilles d'identité numérique européenne certifiés.
Quel est le rôle du eID and Wallet Hub ?
Tous les portefeuilles EUDI certifiés seront intégrés au eID and Wallet Hub de Signicat au fur et à mesure de leur disponibilité. Cela permettra à nos clients de prendre en charge à la fois les identités électroniques et les nouveaux portefeuilles sans modifier leurs intégrations existantes ni perdre leur couverture de vérification. Cela permet des solutions hybrides, où les utilisateurs peuvent choisir d'utiliser leurs identités numériques ou un portefeuille EUDI selon leurs préférences, et offre la possibilité d'enrichir les transactions avec les données requises lorsque celles-ci ne sont pas disponibles via le portefeuille d'identité numérique européenne.
Le eID and Wallet Hub gérera toutes les vérifications nécessaires liées à l'interaction avec le portefeuille EUDI : il vérifie la certification du portefeuille EUDI et la validité de l'instance du portefeuille, il contrôle la validité des attestations et les signatures cryptographiques sur les attestations auprès des émetteurs et de leur registre de confiance, il respecte toutes les politiques de révocation et de divulgation sélective, et il gère le consentement de partage des données par l'utilisateur final.
Le portefeuille EUDI peut-il être utilisé pour les signatures électroniques qualifiées (SEQ) ?
Le portefeuille EUDI peut être utilisé pour la signature qualifiée. En pratique, cela signifie qu'une signature électronique qualifiée (SEQ) est créée sur la base de l'identité contenue dans les données d'identification personnelle (PID). Il existe plusieurs méthodes pour prendre cela en charge, en fonction du portefeuille et du cas d'usage nécessitant la signature. À titre d'exemple, le European Wallet Consortium (EWC) a publié une vue d'ensemble des méthodes de signature à utiliser avec les portefeuilles EUDI.
Pour plus d'informations sur les signatures électroniques, lisez notre article : Electronic signature: what is it and how to use it.
Quel sera l'impact des portefeuilles EUDI sur l'authentification forte du client (SCA) et les paiements ?
L'utilisation des portefeuilles EUDI pour l'autorisation de paiements est motivée par de nombreuses raisons, mais l'une d'elles se distingue : la combinaison de la vérification d'identité avec un paiement fait chuter de manière impressionnante les taux de fraude. Des directives sur l'utilisation des portefeuilles EUDI pour l'authentification forte du client (SCA), qui permet l'initiation et l'autorisation des paiements, sont en cours d'élaboration par la Commission européenne.
Pour en savoir plus, lisez notre article : Strong Customer Authentication (SCA) with EUDI Wallets: what financial services need to know.
Quels attributs les portefeuilles EUDI contiendront-ils ?
Tous les portefeuilles EUDI seront lancés avec des capacités de base permettant de fournir des attributs d'identité (PID), qui peuvent être utilisés pour l'authentification et la preuve d'identité, ainsi que des capacités de vérification de l'âge, permettant de prouver différentes conditions telles que « plus/moins d'un certain âge » sans divulguer l'identité complète ni même la date de naissance exacte.
Tous les portefeuilles contiendront-ils les mêmes données d'identité ?
Non. Les attributs d'identité disponibles dans le portefeuille EUDI dépendent des gouvernements nationaux qui les émettent. Tous les gouvernements européens ne sont pas en mesure de fournir les mêmes informations pour diverses raisons. À titre d'exemple, la Belgique fournit une adresse résidentielle vérifiée dans son identité électronique nationale et le fera probablement dans son portefeuille EUDI, tandis que la France ne dispose pas d'une source de données capable de fournir une adresse résidentielle vérifiée.
Les données fournies dans les attestations PID sont couvertes par le Règlement d'exécution 2024/2977. Elles comprennent actuellement le nom, la date de naissance, le lieu de naissance et la nationalité en tant qu'éléments obligatoires. Dans une récente proposition de mise à jour, une photo d'identité est également considérée comme un élément obligatoire.
Vous remarquerez peut-être que les PID n'incluent pas un « identifiant personnel unique » comme option obligatoire. Cela ne signifie pas qu'il soit impossible d'identifier une personne de manière unique via un portefeuille EUDI. Certains gouvernements fourniront un tel identifiant, car il est couramment utilisé dans leur pays ; d'autres ne le feront que dans le cadre d'une politique de divulgation spécifique (par exemple, uniquement pour les organisations gouvernementales nationales) ; et certains l'omettront totalement. Au niveau national, des solutions sont fournies aux organisations gouvernementales pour effectuer un rapprochement d'identité transfrontalier.
Tous les PID nationaux ne contiendront pas le même ensemble de données, et certains pourraient être trop limités pour effectuer un rapprochement d'identité précis. Pour les cas d'usage nécessitant davantage d'attributs, ceux-ci peuvent provenir d'autres attestations émises par des fournisseurs du secteur public ou privé. Le eID and Wallet Hub de Signicat offre également des fonctionnalités complémentaires qui permettent l'utilisation de sources de données intégrées pour la vérification des données dans le cadre de solutions hybrides.
Comment les justificatifs du secteur privé et les autres attestations fonctionneront-ils dans le portefeuille ?
Les agences gouvernementales peuvent ajouter des informations telles que le titre de séjour, les détails de la résidence fiscale ou la propriété immobilière et automobile au portefeuille d'un utilisateur. Les entreprises peuvent également ajouter des justificatifs tels que des informations de crédit et de prêt immobilier. Cela ouvre non seulement d'importantes opportunités pour les entreprises et le secteur public de partager des informations de manière plus fluide avec les citoyens, mais contribue également à libérer le véritable potentiel des portefeuilles.
La plupart des cas d'usage nécessiteront des informations spécifiques, notamment dans les contextes B2B et B2C. Une grande partie de ces justificatifs sera mise à disposition par le biais de services d'émission du secteur privé.
Cela soulève toutefois la question de savoir comment ils pourraient être rémunérés pour cela, et comment les motiver à s'engager — un sujet que nous avons approfondi dans notre article : The elephant in the European Digital Identity Wallet room: how can actors get paid?
Quelle est la différence entre les justificatifs physiques et numériques dans le portefeuille EUDI ?
Nous prévoyons que les gouvernements et les prestataires de services de confiance qualifiés (PSCE) fourniront de nombreux justificatifs physiques existants au format numérique : permis de conduire mobiles, passeports numériques, cartes d'assurance, etc. Ceux-ci peuvent être utilisés avec les portefeuilles EUDI comme alternative aux cartes physiques, mais ce n'est pas la même chose. Il peut y avoir des différences dans la période de validité et le contexte juridique d'utilisation — par exemple, l'utilisation d'un justificatif numérique dans un portefeuille EUDI est purement volontaire et non obligatoirement juridiquement contraignant dans tous les contextes.
Quel sera l'impact des portefeuilles EUDI sur l'entrée en relation client dans le cadre de la nouvelle réglementation LCB-FT (AMLR) de l'UE ?
eIDAS est au cœur des parcours d’entrée en relation clients conformes au règlement de l'UE sur la LCB-FT (Lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme). Les portefeuilles EUDI sont de loin les options les moins coûteuses à utiliser, mais ils ne couvriront pas l'ensemble des citoyens européens d'ici la mi-2027, date d'entrée en vigueur de la directive LCB-FT (AMLD). Et lorsqu'ils seront disponibles, il se peut qu'ils ne couvrent pas toutes les attestations nécessaires à l'obligation de vigilance (CDD).
Pour les organisations travaillant sur leur mise en conformité LCB-FT, les identités électroniques existantes, les portefeuilles EUDI, les signatures électroniques qualifiées (SEQ) et les approches d'identité hybride coexisteront donc probablement pendant un certain temps.
Pour en savoir plus sur la conformité LCB-FT et la boîte à outils eIDAS, lisez notre article : From fragmented rules to a single playbook: eIDAS and the future of AML compliance in Europe.
Comment les portefeuilles EUDI soutiennent-ils la souveraineté numérique européenne face aux Big Tech ?
L'initiative même du portefeuille EUDI est fondée sur l'ambition de fournir des alternatives européennes de confiance aux portefeuilles d'identité à une époque où les portefeuilles des géants de la technologie (souvent utilisés pour les paiements) émergent. Il est clair que de nombreux portefeuilles Big Tech existants sont tout à fait capables de couvrir les cas d'usage du portefeuille EUDI sans trop d'efforts, mais l'expérience montre qu'il est très difficile de les soumettre aux exigences européennes en matière de protection des citoyens.
Les portefeuilles EUDI sont soumis à un régime très strict en matière de sécurité, de confidentialité et de confiance, et sont obligatoirement tenus de respecter la législation européenne garantissant leur conformité. Cela ne change toutefois pas le fait que ces portefeuilles fonctionnent sur des appareils mobiles et autres qui ne sont pas européens, et interagissent avec des sites web et des services (rendus accessibles par des navigateurs Internet et d'autres applications) qui dépendent de technologies non européennes.
Sécurité et confiance : peut-on vraiment faire confiance aux portefeuilles EUDI ?
Il existe un certain nombre de préoccupations quant à la sûreté et à la sécurité des portefeuilles EUDI et aux multiples façons dont ils pourraient être piratés, d'autant plus qu'ils contiennent des données très pertinentes et personnelles. C'est pourquoi des exigences techniques et juridiques très strictes sont en place, garantissant autant que possible la protection des utilisateurs et des fournisseurs de services.
Les portefeuilles EUDI doivent être certifiés par les États membres pour s'assurer qu'ils répondent aux exigences fixées par la législation. Les émetteurs d'attestations qualifiés seront audités tous les deux ans pour garantir que les mesures de sécurité nécessaires sont prises afin de faire face à l'ensemble des risques. Chaque fournisseur de services s'appuyant sur les informations du portefeuille, également appelés parties d'utilisation, doit enregistrer ses activités et déclarer la manière dont il utilisera les données du portefeuille EUDI. Tout cela est intégré dans l'infrastructure de confiance du cadre européen de l'identité numérique.
Bien entendu, tout système peut être enfreint et la cybercriminalité évolue. Mais examinons quelques exemples de la façon dont les portefeuilles EUDI constituent une amélioration par rapport à nos solutions actuelles d'authentification et de partage de données.
Vous ne partagez que ce qui est nécessaire. Si vous vous connectez avec une identité numérique, l'ensemble complet des données est toujours partagé, à chaque fois. Si vous devez fournir un passeport ou un autre document, toutes les informations sont partagées. Avec le portefeuille EUDI, vous pouvez sélectionner uniquement ce qui est demandé. La divulgation sélective permet également aux parties d'utilisation de se conformer plus facilement aux exigences de minimisation des données du Règlement général sur la protection des données (RGPD). Elles pourraient vouloir utiliser les données d'un passeport biométrique, mais demander le passeport complet constitue souvent une violation de cette exigence. Le portefeuille EUDI leur permet de cibler précisément ce dont elles ont besoin et rien de plus.
Les émetteurs d'attestations ne sont pas autorisés à savoir où les informations qu'ils ont fournies sont utilisées. Ils ne peuvent pas suivre et tracer un utilisateur à travers différents services. Lorsque vous vous connectez avec une identité électronique, le service d'authentification central de cette identité électronique sait exactement pour quel service vous vous authentifiez, quand et à quelle fréquence.
Les attestations peuvent être liées de manière infalsifiable et cryptographique à l'identité (PID) de l'utilisateur, à d'autres attestations, au portefeuille, voire à l'appareil. Il est donc difficile pour une tierce personne d'utiliser vos attestations, à moins que vous n'y coopériez, bien sûr.
Pour plus de détails sur la confidentialité, la sécurité et le modèle de confiance qui sous-tend les portefeuilles EUDI, consultez les orientations de la Commission européenne sur les portefeuilles EUDI, ou plongez dans les détails techniques sur la sécurité et le modèle de confiance dans le Cadre de référence architectural (ARF)
Questions issues du webinaire « Naviguer dans l'ère du portefeuille » (mai 2025)
Le portefeuille est-il réservé aux citoyens de l'UE, ou également aux résidents ?
De nombreux aspects de la législation sont conçus pour être mis en place par les États membres. Ce sont eux qui décident d'émettre ou non des portefeuilles pour les résidents en plus des citoyens, tout comme ils le font avec les identités électroniques nationales.
Si un individu possède plusieurs nationalités, cela implique-t-il qu'il détient plusieurs portefeuilles EUDI fonctionnant indépendamment et non synchronisés au niveau de l'UE ?
Ce sera le cas dans un avenir proche, car l'approche actuelle de certification des portefeuilles, qui inclut l'émission de PID et l'entrée en relation des utilisateurs au niveau national, ne permettra pas l'émission de PID dans le portefeuille d'un autre État membre.
Des pays non membres de l'UE comme la Norvège participeront-ils au portefeuille EUDI ?
Oui. eIDAS s'applique à l'UE et à l'Espace économique européen (EEE) : l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège, soit un total de 30 pays émetteurs. Les États membres de l'UE doivent émettre des portefeuilles d'ici décembre 2026, tandis que l'EEE dispose d'une année supplémentaire pour se conformer.
Y aura-t-il des portefeuilles pour les entreprises ?
Les portefeuilles organisationnels font partie d'eIDAS, mais nécessitent des tests plus approfondis. Les pilotes à grande échelle (LSP), tels que WE Build, qui inclut Signicat, testent activement des cas d'usage en conditions réelles liés à la connaissance du client entreprise. Les États membres émettront des données d'identification personnelle (PID) (personne morale) dans les portefeuilles organisationnels, probablement en collaboration avec les registres nationaux des entreprises.
Toutes les industries réglementées doivent-elles accepter le portefeuille en même temps ?
Toutes les industries réglementées doivent accepter le portefeuille EUDI pour l'authentification à double facteur (SCA) d'ici décembre 2027. (Article 5.f)
Le portefeuille de l'UE rendra-il les identités électroniques européennes existantes redondantes ?
Une personne utilisant un portefeuille EUDI n'a pas besoin d'utiliser également d'autres identités numériques. En ce sens, c'est redondant. Cependant, l'utilisation d'un portefeuille EUDI ne sera pas possible ou souhaitable pour tout le monde. La suppression progressive des solutions existantes pour les identités numériques n'est pas une tâche facile. C'est pourquoi nous prévoyons que les identités électroniques existantes resteront en place pendant une longue période, coexistant avec les portefeuilles EUDI.
Il s'agit également de solutions différentes. L'identité dans un portefeuille EUDI est basée sur un type spécifique d'attestation appelé PID (données d'identification personnelle). L'émission de PID peut se faire via les identités électroniques existantes, mais chaque État membre mettra en place et certifiera ses propres processus à cet effet. Les procédures de notification des identités électroniques nationales demeurent une partie distincte d'eIDAS.
Quelles solutions conformes à eIDAS ou proposées par Signicat aident les institutions financières à obtenir les données d'identification manquantes (comme le lieu de naissance) pour la conformité LCB-FT (AML) sans exiger de documents supplémentaires ?
Le service de vérification des données de Signicat offre un accès à plus de 200 registres de données nationaux et internationaux pour les vérifications d'obligation de vigilance (KYC) et LCB-FT via la plateforme Signicat. Toute institution financière dotée de systèmes de Core Banking peut automatiser la recherche d'éléments de données manquants tels que le lieu de naissance, la solvabilité et les vérifications des personnes politiquement exposées (PPE) et des sanctions à partir de ces sources de données sans demander de documents supplémentaires à un client. Cela réduit considérablement les frictions dans le parcours client numérique.
De plus, Signicat aide les émetteurs de portefeuilles, les organisations et ces mêmes sociétés de registres de données à émettre ces types de données manquantes dans le portefeuille numérique d'un utilisateur (y compris le portefeuille EUDI).
Le eID and Wallet Hub de Signicat permet également d'accéder actuellement à 35 identités électroniques européennes, ce qui sera étendu aux portefeuilles EUDI et à d'autres portefeuilles pour assurer une transition fluide vers un avenir fondé sur les portefeuilles.
Comment cela est-il conforme au RGPD avec autant de données personnelles accessibles ?
La version modifiée d'eIDAS (y compris les actes d'exécution) est entièrement alignée sur le RGPD. L'accessibilité des données est limitée à l'utilisateur du portefeuille et celles-ci ne peuvent être partagées qu'avec son consentement explicite avec les parties d'utilisation (qui doivent être enregistrées dans un État membre). Les données sont stockées sur le téléphone ou sur un espace de stockage accessible via le portefeuille (cela différera selon les solutions de portefeuille et peut être décentralisé) et ne sont accessibles et déchiffrables que par l'utilisateur.
En autorisant leurs utilisateurs à recourir à un portefeuille EUDI, les fournisseurs de services peuvent répondre plus facilement aux exigences du RGPD telles que la minimisation des données, car ils peuvent s'appuyer sur la confirmation avec un niveau d'assurance élevé d'attributs minimaux et sur la divulgation sélective.
Si les portefeuilles EUDI sont nationaux, qui est responsable de l'utilisation transfrontalière non autorisée d'un portefeuille ?
La responsabilité n'est pas directement abordée dans la législation actuelle. eIDAS définit toutefois des niveaux d'assurance (et les exigences associées), inclut la responsabilité dans le schéma de certification des portefeuilles et traite de la responsabilité des prestataires de services de confiance en cas de non-conformité.
Une partie d'utilisation (RP) doit-elle s'enregistrer à l'échelle mondiale ou paneuropéenne, et comment Signicat peut-elle l'aider ?
Le règlement d'exécution sur l'enregistrement des parties d'utilisation du portefeuille précise qu'il y aura des registres nationaux dans les États membres où la partie d'utilisation (RP) devra s'enregistrer et obtenir un certificat d'accès. Chaque État membre aura sa propre politique à cet égard, qui pourra inclure l'émission de certificats d'enregistrement. Seules les parties d'utilisation disposant d'un certificat d'accès sont en mesure d'interagir avec les portefeuilles EUDI.
Si une partie d'utilisation travaille avec un intermédiaire (tel que Signicat), alors Signicat assumera les responsabilités d'enregistrement pour cette partie. Cela est décrit dans la section 3.11 de l'ARF (notez que l'ARF est régulièrement mis à jour).
La législation actuelle ne traite pas des interactions « peer-to-peer » (de portefeuille à portefeuille par des personnes physiques). Cela fait partie des sujets de discussion dans l'ARF.
Qu'adviendra-t-il des portefeuilles privés tels que Google Wallet ? Seront-ils également intégrés aux portefeuilles EUDI ?
Les États membres sont responsables de l'émission et de la certification des portefeuilles EUDI au niveau national. Chaque État membre adoptera sa propre approche à cet effet. Il peut s'agir de l'émission d'un portefeuille développé en interne ou de la désignation d'un tiers (public ou privé) pour le faire en son nom. Certains États membres mettront en place des politiques permettant la certification de tout portefeuille répondant à leurs exigences. Cela permettra à tout portefeuille du secteur privé de demander une certification en tant que portefeuille EUDI (où il sera alors certifié en tant que portefeuille national spécifique).
Y a-t-il des avancées sur la signature numérique d'informations, comme les e-mails ou les médias, pour vérifier l'identité ?
Toutes les données contenues dans le portefeuille sont signées cryptographiquement et les transactions avec le portefeuille fonctionnent également avec des signatures cryptographiques. Cela fournit des informations garanties et vérifiables sur les contenus (de façon infalsifiable) et la ou les sources responsables. Toutes ces informations peuvent également être liées cryptographiquement à l'identité (PID) de l'utilisateur, au portefeuille ou même à l'appareil hébergeant le portefeuille.
Il convient de noter qu'il s'agit ici de la signature de données et de transactions. Il existe également des services de confiance impliquant des signatures numériques, mais cela concerne le fait de faire signer des documents ou des fichiers avec l'identité du signataire.
Le portefeuille permettra-t-il de vérifier l'autorisation des utilisateurs pour des personnes morales dans toute l'UE, à l'instar d'eHerkenning ?
Cela est au cœur des travaux menés sur l'identité des Bénéficiaires Effectifs (UBO) et les portefeuilles organisationnels. Ceux-ci font partie d'eIDAS, mais ce domaine nécessite davantage de recherches et d'expérience. Des travaux sont en cours dans plusieurs États membres et dans le cadre de pilotes à grande échelle (LSP). Le projet EWC, désormais achevé, a mis l'accent sur l'identité des personnes morales (et les portefeuilles organisationnels) et constitue le sujet central de WE Build, un pilote à grande échelle (LSP) en cours. Les fournisseurs d'eHerkenning collaboreront au sein de WE Build pour travailler sur des approches permettant d'intégrer eHerkenning au portefeuille EUDI.
Quel sera le modèle économique du portefeuille EUDI pour le secteur privé ?
Il est trop tôt pour le savoir. Les réglementations en matière de confidentialité — comme l'interdiction pour les émetteurs de suivre l'endroit où les attestations sont utilisées — rendent la monétisation directe difficile. Toutefois, des initiatives explorent les « événements facturables », et l'EWC a publié un rapport sur le modèle économique de l'écosystème. Pour approfondir le sujet, lisez l'article de blog de Signicat : Elephant in the room. En fin de compte, les politiques individuelles des États membres dicteront la viabilité commerciale.
Un agent d'IA pourrait-il utiliser votre portefeuille pour vous représenter numériquement ?
Les portefeuilles fournissent un point d'ancrage d'identité solide, ce qui en fait d'excellents outils pour les futurs assistants d'IA. Bien que les agents d'IA basés sur des portefeuilles ne soient actuellement qu'un concept, nous prévoyons qu'ils se développeront à mesure que les portefeuilles EUDI évoluent.
Où trouver plus d'informations
Trouver des réponses simples au sein d'un complexe éventail de réglementations est difficile. Pour tous les détails techniques, veuillez vous référer au règlement de base eIDAS, au cadre juridique de l'EDI, ainsi qu'au Cadre de référence architectural (ARF). Pour une analyse plus simple, lisez notre article de blog : “10 fundamental things businesses need to know about the EUDI Wallet”.
Réflexions finales
Pour les banques, les fintechs et les gouvernements, le portefeuille EUDI constitue un tournant stratégique, impactant les opérations quotidiennes et vos décisions produit de votre organisation. Chez Signicat, nous aidons les entreprises à s'adapter, s'intégrer et prospérer dans ce nouveau monde axé sur les portefeuilles.
À propos de l'auteure
Esther Makaay est VP Identité Numérique chez Signicat, une leader d'opinion dans le domaine du portefeuille d'identité numérique européenne et la lauréate du Lifetime Achievement Award d'IDnext pour sa contribution au secteur de l'identité numérique. Elle est également membre de l'EU Wallet Consortium (EWC) et participe activement à plusieurs pilotes à grande échelle (LSP) du portefeuille EUDI. Elle partage fréquemment ses points de vue sur le portefeuille de l'UE lors de diverses conférences.